Jeudi 25 août 2011 4 25 /08 /Août /2011 00:24

En suivant la méthode europanalytique, considérons trois domaines où s’exerce la transsubstantiation, trois domaines qui reçoivent depuis le fonds de l’immanence la possibilité d’être partie prenante d’elle-même, c’est-à-dire de recevoir d’elle leur demeure réelle. Considérons la pratique textuelle, la représentation et l’humain.

Pour S. Valdinoci, il existe au cœur du texte philosophique ce qu’il nomme une « donne de pensée » qui s’éprouve comme une résistance à même le texte. Cette épreuve nécessite que nous-mêmes fassions disparaître notre éclairage, et notre approche du texte se doit d’obéir à une passivité devant ce qui serait une racine immanente du texte. Alors est rendue possible l’analyse, la libération de ce qu’il nomme également « l’encart » dans le texte apparent. L’analyse, rappelons-le, n’est pas une manière de procéder par division d’éléments, il ne s’agit pas de démonter la machine textuelle pour y trouver le moteur ou le moyeu. La pratique europanalytique n’agit pas au plan linguistique ou empirique, ni depuis un recul transcendantal par rapport à l’esthétique empirique. Pour S. Valdinoci, la sphère transcendantale est locale au regard du réel. L’europanalyse envisage le texte philosophique depuis, non plus la localité transcendantale qu’elle élimine, mais la généralité endoceptive de l’aisthesis. La critique europanalytique, ou endocritique, serait une pierre de touche qui révèle comme la teneur en réel du texte. Cette épreuve du texte où profondément s’éprouve, immédiatement, la « donne de pensée » vive, opère la conversion du texte, ou plus exactement son inversion, sa versée dans l’interne[1]. D’autre part, précisons que l’inversion n’est pas un résultat à obtenir, mais la répercussion au plan textuel d’un mouvement qui précède l’émergence des matérialités locales, qu’elles soient conceptuelles, linguistiques, scripturales, mouvement qui, les portant, les emporte. C’est à l’occasion de l’inversion du texte que l’exigence europanalytique pratique l’analyse mystique de la pensée Europe, analyse rendue possible par l’autoanalyse continuée de la pensée europe.



[1] L’europanalyse utilise fréquemment le préfixe in- au sens de « dans », en en gardant à l’esprit le caractère non spatial.

Par Christophe Samarsky - Publié dans : Conversion - Communauté : mémoire et écritures
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